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Discours pour la cérémonie du 14 juillet 2026

Monsieur le Ministre des technologies de la Communication,
Mesdames et messieurs les députés,
Mesdames et messieurs les ambassadrices, ambassadeurs et représentants
d’organisations internationales,
Chers élus de la communauté française,
Chers amis tunisiens ou d’ailleurs,
Mes chers compatriotes,
Merci de votre présence, à chacun et chacune. Je me réjouis de célébrer avec
vous le 14 juillet. Plus qu’une date, cette fête est le symbole d’un peuple affirmant
la liberté, l’égalité et la fraternité, principes qui ont porté l’élan révolutionnaire et
conduit, le 14 juillet 1789, à la prise de la Bastille, mettant à bas l’arbitraire. Si les
Français sont foncièrement attachés à leur devise, fondement de notre République et
de notre démocratie, ces principes émancipateurs ne sont pas l’apanage d’un pays ni
d’une époque. Ils transcendent les frontières, les peuples et les générations, et parlent
à toutes celles et ceux qui veulent dignité et justice.
Ces valeurs que nous avons en partage ont une résonance propre ici, pays de
haute culture, ancré profondément en lui-même, ni à l’orient ni à l’occident, mais à
la croisée des routes méditerranéennes, arabes et africaines. La Tunisie est pétrie
d’une histoire remarquable de luttes, d’engagements et d’espoirs, forgée par des
femmes et des hommes qui, je le constate depuis trois ans que j’ai l’honneur d’y
servir comme ambassadrice, font preuve d’une résilience admirable dans la marche
incertaine du monde.
Monsieur le Ministre, votre présence est aussi l’occasion de célébrer 70 ans
de relations diplomatiques depuis l’indépendance de la Tunisie le 20 mars 1956. Les
rapports entre la Tunisie et la France, d’une remarquable stabilité, tirent leur solidité
de la volonté commune de surmonter, de manière lucide et apaisée, les injustices et
souffrances du passé colonial. C’est un choix, que nous faisons ensemble, de nourrir
un partenariat d’égal à égal fondé sur le respect, l’écoute, le dialogue. La Tunisie est
souveraine dans ses choix, et la France, comme l’Union européenne, respecte
profondément cette souveraineté. Je le dis avec humilité. Notre ambition est de
coopérer et de partager, pour le bénéfice mutuel des peuples, en servant leurs intérêts
réciproques. Le « partenariat mutuellement bénéfique » qui était au coeur du sommet

Africa Forward à Nairobi le 11 mai, doit être, plus que jamais, au centre de notre
action.
Monsieur le Ministre, chers invités, la France, comme l’UE, est un partenaire
fiable, constant, prévisible, engagé. Nous cherchons à nourrir la confiance.
Déterminés à assurer notre défense et innovants, nous ne sommes pas pour autant
dans une logique prédatrice ni impérialiste. Nos relations sont dynamisées par notre
proximité, qui est un atout mutuel précieux dans un monde où il est devenu impératif
de raccourcir et de sécuriser les chaînes de valeur et d’approvisionnement, de
décarboner nos économies comme d’assurer la sécurité de nos concitoyens sur tous
les plans.
Vous le savez, la France est le premier partenaire économique de la Tunisie et
nos échanges se portent bien. Les investissements comme le commerce bilatéral sont
en hausse. C’est au profit de la Tunisie, dont l’excédent commercial vis à vis de la
France a dépassé l’an dernier les 3 Mds d’euros, à comparer avec les 2,4 Mds d’euros
tirés du tourisme.
Notre relation se construit dans des projets qui touchent directement la vie des
citoyens. Ensemble, nous agissons pour former les jeunes et préparer l’entrée dans
la vie active – je veux évoquer les près de 20 000 élèves dans les établissements du
réseau AEFE en Tunisie et les 16.000 étudiants tunisiens en France mais aussi
l’appui à la modernisation des ISET ou encore l’inauguration récente, avec la
Fondation Tunisie pour le Développement et nos amis allemands, des centres
ELIFE de Sidi Bouzid et Tozeur. Nous créons des emplois – je pense aux 170.000
emplois directs dans les entreprises à participation française en Tunisie ; nous
encourageons l’innovation et l’entrepreneuriat – je pense au succès du Forum
Méditerranéen de l’intelligence artificielle (FMIA) que nous avons organisé avec
vous, Monsieur le Ministre, en novembre dernier.
Nos projets communs visent aussi à protéger les ressources naturelles, en
particulier l’eau, et appuyer le choix stratégique de la Tunisie de renforcer sa
souveraineté énergétique en développant son exceptionnel gisement solaire et
éolien. Nos projets sont au service du développement des régions, dans un souci de
soutien aux priorités de justice sociale et territoriale du gouvernement tunisien. C’est
pourquoi nous coopérons pour renforcer les systèmes de santé – la France apporte
ainsi, à travers l’AFD, le financement nécessaire à la construction de deux nouveaux
hôpitaux à Gafsa et Sidi Bouzid. Ces projets viennent également contribuer aux
services rendus par la société civile, notamment les femmes tunisiennes dont on ne
dira jamais assez combien elles sont valeureuses et portent leur pays. Pour beaucoup

d’entre eux, ces projets sont soutenus par l’Institut français de Tunisie ou par
Expertise France, qui a fêté en décembre dix ans d’activité.
Notre relation se construit d’abord grâce à vous, chers amis tunisiens et chers
compatriotes, qui contribuez à nourrir nos liens humains d’une densité
exceptionnelle, et je pense tout particulièrement aux centaines de milliers de
tunisiens et franco-tunisiens qui vivent en France et dont la bi-culturalité est un pont
formidable entre les deux rives, un atout précieux que nous devons chérir. Pour la
jeunesse, talentueuse, exigeante, qui veut des perspectives, en Tunisie comme à
l’international, notre responsabilité collective est d’ouvrir des horizons, en facilitant
les mobilités – et je suis heureuse de dire que nous avons délivré plus de 116.000
visas l’année dernière avec un taux de refus de moins de 16% -, en encourageant les
projets, et surtout en faisant confiance et construisant l’espoir.
Dans notre monde instable et violent, en pleine recomposition stratégique,
cette confiance est essentielle. Nous partageons le même horizon de défis – qu’il
s’agisse de climat, d’énergie, de santé, de démographie, de sécurité. Nos destins sont
liés. Nous avons une maison commune à préserver et je pense très concrètement à la
fois à la Méditerranée et aux Nations unies. Dans ces temps sombres, les peuples
attendent que la voix du droit, de la justice et de la dignité soit portée avec constance,
et que le monde reste habitable.
La France y est attachée et sait que ces principes trouvent ici, en Tunisie, un
écho profond.
Lucide sur la réalité de la guerre, la France ne s’y résigne pas. La France
mène une diplomatie de la souveraineté fondée sur le respect de l’égalité des nations
et de la recherche de la paix et de la sécurité pour tous. Nous avons reconnu la
Palestine. Nous soutenons le Liban. Nous appuyons l’Ukraine dans son combat. La
Tunisie est un pays qui a un sens aigu de la justice internationale et qui nourrit de
fortes attentes, légitimes, de respect des droits du peuple palestinien, aujourd’hui
bafoués. Ensemble il nous appartient d’œuvrer au respect du droit et de la justice
internationale, de conjurer les maux du nationalisme, du racisme et du
protectionnisme dont l’histoire a montré qu’ils mènent au pire. Ensemble, il nous
revient, comme nous nous y sommes engagés en signant la charte des Nations unies,
d’assurer le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales pour tous,
sans distinction. Les uns comme les autres nous devons protéger l’état de droit et
garantir la sécurité juridique des personnes physiques et morales sans laquelle il ne
peut y avoir de prospérité économique ni de sécurité pour tous.

Nous sommes à la fois autonomes et profondément dépendants les uns des
autres, dans une toile d’interconnexions toujours plus complexes. Ce n’est pas une
faiblesse mais la condition humaine et la dynamique de la modernité qui s’imposent
à nous. Au moment où les équilibres se recomposent en profondeur à l’échelle de
la planète, le repli sur soi va à l’encontre du développement économique et de la
sécurité des nations. Les mouvements migratoires qui interrogent aujourd’hui nos
sociétés, au Nord comme au Sud, s’ils sont régulés, encadrés et accompagnés
peuvent apporter leur part de réponse aux mutations du temps. Nous pouvons et
savons travailler ensemble à cette fin, en tirant le meilleur parti de notre proximité.
Monsieur le Ministre, chers invités,
Je voudrais, pour conclure, vous remercier et remercier tous nos partenaires
tunisiens comme nos partenaires européens. Je suis reconnaissante aux équipes de
l’Ambassade, de la résidence et de nos opérateurs qui, chaque jour, font vivre cette
coopération, et à toutes celles et ceux qui rapprochent nos deux pays. Je voudrais
particulièrement saluer le Consul général Dominique Mas et le COCAC Fabrice
Rousseau qui repartiront vers la France cet été. Je voudrais aussi exprimer ma
gratitude à nos sponsors – et en premier lieu la CCITF, Total Energies et la Banque
UIB – dont la générosité rend cette célébration possible ainsi qu’aux entreprises qui
travaillent de manière exemplaire à la rénovation de cette merveilleuse résidence.
Et je voudrais enfin vous dire simplement ceci : j’aime la Tunisie et souhaite
pour elle et pour tous les Tunisiens ce qu’il y a de meilleur. L’amitié entre la France
et la Tunisie ne se décrète pas. Elle se construit, chaque jour, par des actes.
Je vous souhaite à toutes et tous un très bon 14 juillet et une belle soirée, dans
l’esprit fair-play du sport. La demi-finale de la Coupe du monde de football qui va
commencer et les deux formidables équipes qui s’affrontent ne devrait pas manquer
de nous offrir de beaux moments d’émotion.
Vive la Tunisie, vive la République et vive la France !
Vive l’amitié tuniso française

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